Une nouvelle lettre de Philippe Verseils, pasteur français en poste en Haïti aurpès de la Fédération Protestante Haïtienne. retrouves ses autres lettres grâce au tag Haïti
La chatte des voisins de Fabienne et de Mirko, dont je vous ai parlé dans ma dernière lettre, a donné naissance à 5 superbes petits chats.
Elle les a gardés bien cachés derrière le haut mur d’enceinte de leur maison, continuant pourtant à venir chercher chaque jour à manger.
Et il y a deux jours, elle les a amenés un par un, pour les déposer avec précaution, bien à l’abri, tout au fond d’une grande jarre posée dans un coin du jardin.
Téter ne leur suffisait plus et leur mère les a amenés tout près de la source la plus sûre pour une alimentation régulière.
Vous avez sûrement envie de me dire : Bon, et alors ?
Alors, cette chatte jusqu’alors jamais tranquille, qui ne restait jamais en place, fouillant toujours partout à la recherche de quelque chose à manger, reste maintenant allongée, sans bouger, somnolant. Sortie d’une insécurité alimentaire chronique pour elle et pour sa progéniture, elle acquiert tout à coup une sérénité insoupçonnée.
Lorsque je travaillais au DEFAP, Clair MICHALON, un des formateurs que nous utilisions souvent dans le cadre des sessions de formation pour les volontaires qui allaient partir à l’étranger, affirmait que la grande différence entre les peuples n’étaient pas fondamentalement d’ordre culturel mais entre ” les sociétés de sécurité ” et les ” sociétés de précarité ” (Cf. son excellent petit livre : Différences culturelles mode d’emploi, Saint Maur: Sépia, 1997).
Ces ” sociétés de précarité ” sont dans un état d’équilibre fragile et la préoccupation de survie va alors orienter la plupart des activités au point d’instaurer des tendances collectives lourdes, non seulement au sujet de l’organisation et de la régulation des rapports sociaux, mais également en ce qui concerne le rapport au temps et à la tradition. Le futur est toujours chargé de danger et, lorsque des événements présents rajoutent de nouvelles incertitudes, la tendance est de ” se retourner vers le passé ” et de chercher à ” réhabiliter pour l’avenir les références du passé “.
Dans une situation de sécurité, au contraire, le risque en cas d’erreur est minime et l’initiative est perçue comme une qualité. Une logique d’évolution se développe dont l’objectif est la hausse du niveau de vie, le ” développement “, ce qui suppose une organisation rigoureuse et des normes économiques précises. Cette préoccupation fondamentale de l’amélioration et de l’accumulation va modeler la plupart des activités et intervenir dans la structuration sociale de ces sociétés. (Lire la suite…)
Vous aimez découvrir l’étranger, voyager, scruter les cultures d’ailleurs, vous rincez les yeux des paysages chatoyants et variés lors de vos projets aînés ? Mais vous êtes vous posé la question de savoir ce que les étrangers pensent de la France ? Mandy Neufeld est une guide canadienne originaire de l’Alberta, membre des Guides du Canada. Elle effectue un semestre d’étude à Dijon au sein de l’université de Bourgogne. Elle tient un blog pour décrire la France à ses amis de l’autre côté de l’Atlantique. Ce qui vous permettra de voir le regard d’une étrangère sur notre pays. Attention ce blog est en anglais mais rassurez vous avec plein de photos. Mais cela vous fera une excellente révision de votre anglais.
Par ailleurs Mandy Neufeld s’est engagée durant son séjour en France dans la meute de Dijon. Elle a pu trouver un logement sur Dijon grâce à un courrier adressé au Scoutisme Français. N’hésites pas, toi aussi, si tu pars à l’étranger par Erasmus ou dans une autre ville de France, à rejoindre un groupe scout dans ton lieu d’accueil.
Frédéric Faverjon, actuel président de la commission branche aînée, ayant eu la chance de passer deux ans au Cameroun comme coopérant vous propose de partager son expérience sur ce pays. Cela pourra intéresser les équipes qui ont un projet de voyage dans ce pays. Il est possible de trouver d’autres de ses articles sur le Cameroun sur le site des coopérants du DEFAP.
L’étude, l’analyse de la vie politique locale est assurément est des aspects de l’observation de la société camerounaise qui m’a le plus intéressé. Comprendre les dynamiques qui s’affrontent, percevoir les différentes logiques, mises en oeuvres par les multiples acteurs, décrire enfin la transition démocratique du pays qui se poursuit.
Il me semble cependant nécessaire de partir des racines de la situation actuelle et donc de rappeler brièvement quelques éléments de l’histoire de ce pays. Je dois confesser mon ignorance de l’histoire de l’Afrique précoloniale et cette méconnaissance m’impose de débuter cette description avec l’arrivée des premiers colons.
Le Cameroun doit son nom à des navigateurs portugais qui remontèrent l’embouchure du Wouri à Douala. Ils furent impressionnés par l’abondance des crevettes et baptisèrent ce fleuve “Rio des Camaroes”, la rivière des crevettes. Dans un premier temps les occidentaux ne s’aventurèrent guère à l’intérieur des terres et se contentèrent de créer des comptoirs le long des côtes. L’une des principales activité de ces occidentaux fut la traite négrière de sinistre réputation. Ce commerce du bois d’ébène – comme l’appelaient pudiquement les blancs – dura plusieurs siècles et je ne perçois pas dans l’histoire de l’humanité, de génocide d’un peuple qui en détruisit aussi durablement sa dignité et son psychisme. Le génocide nazi, d’une rare intensité, ne semble pas avoir détruit autant les populations juives ou tsiganes qu’il comptait exterminer. Le but n’est pas de faire une classification dans l’horreur mais de faire palper l’ampleur du désastre. D’autant qu’aujourd’hui peu de français savent que notre pays a du et doit une grande partie de sa prospérité à l’exploitation sans vergogne de l’Afrique et de ses populations.
Il convient cependant de préciser que certains africains ont souvent été les collaborateurs et les complices de la réduction à l’esclavage de beaucoup de leurs frères. Les marchands d’esclaves ne pénétraient pas dans la profondeur des terres; ils restaient le long des côtes et achetaient, contre quelques biens de peu de valeurs à leurs yeux, des chapelets d’esclaves. Ainsi il arrivait que certaines tribus vaincues soient vendues aux négriers. Le but de ce propos n’est pas de disculper les européens mais de cerner les responsabilités.
La conférence de Berlin (1884-1885) établit une sorte de “gentleman’s agreement” entre les puissances européennes. Les quatorze pays participant s’engagèrent à ne plus procéder à des acquisitions sauvages sans le notifier aux autres, pour leur permettre de faire des réclamations. Les peuples ou rois africains n’étaient même pas consultés ou informés de toutes ces discussions. Cette conférence a surtout formulé les règles du jeu entre puissances européennes qui ont permis une débauche d’opération et d’annexions; chaque pays se précipitant pour planter son drapeau sur le plus grand nombres de territoires possibles. (Lire la suite…)
L’Equipe Régionale Alsace dispose de quelques livres “Toujours prêts !” de Julien Fuchs.
Le livre parle du scoutisme et des mouvements de jeunesse en Alsace de 1918 à 1970.

Tu peux en récupérer gratuitement en te mettant directement en contact auprès de l’ER Alsace.
Contact : langremund-carine@bbox.fr
Extrait :
”Ils étaient scouts – “Toujours prêts !” -, éclaireurs unionistes ou israélites, ou bien membres d’un mouvement laïc ou d’éducation populaire : dès 1918 et le retour à la France, de très nombreux jeunes Alsaciens sont entrés dans des organisations qui ont forgé l’esprit de ces futurs citoyens.
Issus des familles aux convictions les plus diverses, ils se sont réunis dans des mouvement qui, face à l’urbanisation et à l’individualisation croissantes, leur ont appris la vie dans la nature et en collectivité, régie par des valeurs comme l’amitié, le partage et la débrouillardise. [...]”
Que l’on permette à un ancien coopérant d’écrire quelques lignes sur la réalité qu’il a vécu durant deux années. Je suis particulièrement conscient des dégâts que peuvent provoquer les descriptions erronées des occidentaux partis à la découverte d’une civilisation étrangère. Conscient des erreurs de perception, voir de la cécité des observateurs occidentaux, parfois dues beaucoup plus à leurs états d’âme ou à leurs conditions dans leur pays d’origine qu’à une volonté délibérée de travestir la réalité.
De tels exemples ne manquent pas. Jacques Nicole, dans un discours devant les assises de la CEVAA, a décrypté celui que l’on porte souvent sur les océaniens.
“Dès les temps ancien l’Europe s’est mise à rêver d’un continent mystérieux, la Terra Australis Incognita, qui contrebalancerait les masses terrestre d’Europe et d’Asie et donnerait à la terre la symétrie nécessaire à son équilibre. Mais c’est surtout au 18ième siècle c’est-à-dire aux débuts de l’ère industrielle, que voit le jour d’une littérature abondante où l’on se livre à des spéculations sur l’organisation sociale, les moeurs et la mentalités des populations australes. En 1756, c’est-à-dire une année après l’apparition du “Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes” de Jean-Jacques Rousseau, Charles de Brosses publie une énorme “Histoire des navigations aux terres australes” qui s’emploie essentiellement à prouver et à vérifier dans les faits l’hypothèse du philosophe genevois sur la bonté originelle de l’humanité. Cet ouvrage occupait une place centrale dans la bibliothèque de bord de “La Boudeuse”, le navire de Bougainville qui relâcha 10 jours à Tahiti en 1768; et dans celle de “L’endeavour” du capitaine Cook l’année suivante. Bougainville était malade du reste lors de l’escale tahitienne et ne passa en tout et pour tout qu’une petite journée à terre. Mais cela lui a suffi pour écrire des centaines de pages enthousiastes décrivant les charmes de la nouvelle Cythère, de ses habitantes et de ses habitants. Il avait eu le temps de constater que l’amour y régnait en maître et que la société tahitienne baignait dans le bonheur le plus parfait.
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