Acte IV : Le projet d’animation à l’internat de Kapan
Notre minibus gravite au-dessus d’une petite ville aux immeubles imposants au milieu des montagnes, le long des virages en lacets interminables… Mais quand est-ce que nous arrivons ? Nous passons un portail et notre chauffeur arménien nous arrête fasse à un bâtiment lugubre, grande barre de béton datant de l’époque soviétique, situé fasse à un paysage montagnard grandiose. Nous y voici, à Kapan ! Et les enfants arrivent en masse autour du camion et nous aident à décharger nos affaires et les cartons remplis de jeux… Ils nous regardent étonnés, nous dévisagent, nous troublent… Certains nous prennent la main, nous emmènent dans nos chambres (non mixtes), où une serviette pliée en fleur nous attend sur notre oreiller… Nous mangeons calmement avec notre traducteur arménien et ami et commençons à parler un peu de notre projet.
Comment allons-nous nous y prendre ? Qu’allons-nous faire ? Quel matériel avons-nous à notre disposition (nous avons amené du matériel pédagogique) ? Quels sont les horaires et le rythme des enfants ? Quels sont leurs handicaps, leur âge, leur nombre ? Des questions nous en avons, mais des réponses pas toujours… La communication n’est pas évidente avec les cuisinières arméniennes responsables du centre et, par manque de ressources financières, il n’y a pas de suivi personnalisé des enfants, personne ne connait leur âge, aucun diagnostic médical n’a été posé sur leur handicap, aucune activité de loisir n’est proposée aux enfants, aucun matériel n’est à leur disposition (même pas un jeu de carte ou un bout de craie !)… Il va falloir s’ADAPTER !!! Au fur et à mesure, nous essayons plusieurs types d’activités (PJC, grand jeu, TM, veillée, jeux de coopération…), plusieurs méthodes pour nous faire comprendre (traduction, mimes, dessins, panneaux…) et, en réajustant constamment nos activités, nous arrivons à communiquer avec les enfants, à adapter notre discours à chacun, à proposer des choses mixtes pour les enfants âgés de 5 à 18 ans, dont certains sont lourdement handicapés (trisomie, autisme) ! Ce n’est pas une tache facile mais c’est vraiment passionnant !
Au fur et à mesure, nous constatons une évolution : les enfants sont de moins en moins timorés, progressent, comprennent qui nous sommes, ce que nous faisons, c’est très valorisant pour nous-mêmes !
Nous décidons de monter un spectacle de danse, théâtre, jonglerie, chant avec les enfants, de proposer une exposition des travaux manuels et enfin de réaliser une grande fresque qui restera à l’internat. Mission accomplie ! Le temps passe vite, la fatigue s’accumule… Mine de rien, c’est éreintant de s’occuper d’enfants handicapés et qui ne parlent pas la même langue car ils sont constamment en demande !
Au bout de dix jours, nous repartons comme convenu… Les adieux dont très émouvants, certains enfants nous sautent dans les bras, nous demandent quand est-ce qu’on va revenir. D’autres se cachent pour ne pas nous montrer leurs larmes… Malgré nos efforts pour « garder la face », nous n’en menons pas large, nous nous sommes beaucoup attachés aux enfants et ils vont nous manquer ! On aurait tellement aimé leur donner encore davantage ! Que va-t-il se passer après notre départ pour ces enfants ?…
l’acte V sera mis en ligne lundi 4 janvier 2010
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