Thomas Nègre de l’équipe de Robinson nous raconte le projet de son équipe. Un projet innovant, porté par la fraternité auprès des personnes en difficulté. Un projet plein de générosité.
Nous sommes une équipe de six aînés de l’unité de Robinson, de la région IDFSE (Ile de France Sud et Est) : Cyril, Jérôme, Guillaume, Maxime, Thomas et Yann avec notre responsable Anna. Nous avons réalisé cet été, du 22 au 31 juillet un projet sur Nîmes, que nous allons vous décrire.
Nous avions deux motivations principales. La première était d’aider des personnes en situation difficile, sans-papiers ou sans logis : le sujet des ” sans-papiers ” est récurent dans l’actualité, on voit aussi nombre de sans-logis, mais au final on ne saisit leurs conditions de vie réelle qu’à leur contact. Nous voulions aussi réaliser quelque chose de concret dans le bâtiment. Deux d’entre nous avaient déjà participé à des travaux importants et en étaient très satisfaits.
Nous avons donc proposé notre aide aux antennes régionales de la CIMADE pour un chantier. La paroisse de la Fraternité à Nîmes qui accueille des sans-papiers sortant du centre de rétention de Nîmes et en attente de régularisation, nous a proposé de monter un chalet pour pouvoir accueillir de plus nombreux sans-papiers et ce dans de meilleurs conditions, mais suite à un refus de la mairie nous avons simplement prévu un chantier de rénovation des locaux.
Et nous voilà donc, le 16 juillet, où nous partons d’abord pour le camp national des ainés et le regroupement de jeunes protestants : le Grand Kiff, où nous avons aidé la CIMADE à animer un jeu. Le 22, nous arrivons à Nîmes, accueillis par Friederun Nolte, la présidente du conseil presbytéral. Les sans-papiers présents étaient Joseph, qui est maintenant reparti au Cameroun ; Ruslan et Fatima, deux tchétchènes qui parlent russe et allemand : Nous avons surtout discuté de leurs conditions de vie avec Joseph, la barrière de la langue étant un frein pour discuter avec les tchéchènes.
Joseph a dû fuir le Cameroun suite à un problème avec la mafia du Cameroun. Il a immigré par la Lybie, puis traversé la mer Méditerranée dans de conditions drastiques pour rejoindre l’Italie. Il s’est fait arrêter à la frontière française. Joseph n’ayant pas eu la régularisation de ses papiers, et n’ayant pas la volonté de survivre clandestinement en France ; a décidé avec l’aide de la Cimade et du conseil presbytéral de repartir au Cameroun. Il compte réinvestir dans une plantation de palmiers à huile.
La plus grande partie du chantier a consisté à nettoyer, poncer et peindre les toilettes et les portes de la paroisse : cela a occupé la plus grande partie de nos journées. Nous avons profité de ce séjour à Nîmes pour passer une journée à la plage, et descendre le Gard en canoë en compagnie de Joseph.
Nous avons passé de bons moments à Nîmes, le chantier a été une réussite. Cependant nos faibles échanges avec les sans-papiers ne nous ont pas aidés à beaucoup mieux cerner leur situation. Je pense d’ailleurs que notre projet a plus profité à la paroisse qu’aux sans-papiers. C’est une frustration mais ce fut un bon camp pour notre vie d’équipe.
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