Suite de la saga de l’équipe de Macon. Pierre-Loup Vasseur nous raconte leur découverte du marché de Lomé.
Puis, nous sommes arrivés au grand marché de Lomé, l’un des plus grands de l’Afrique Noire. En tant que Yovo (ce qui signifie ” homme blanc ” en Ewé) , nous portons l’étiquette de porte-monnaie. Dés notre arrivée, nous sommes la proie de multiples vendeurs de produits différents (brosses à dents, cigarettes, journaux, ceintures, chemises). Dans ce marché, les échoppes se succèdent, se mélangent, s’empilent.
Des femmes portent sur leur tête toutes formes d’objets, ou de nourriture (du poisson le plus souvent), celles-ci sont itinérantes, elles se baladent dans les rues avec une agilité et un équilibre à toute épreuve évitant les motos, les animaux, les passants… J’ai souvent comparé ce marché à une brocante géante, où les vendeurs attendent les clients, les interpellent pour venir voir leurs sculptures, leur proposent leur aide diverse. Durant les premières heures, Yalii, notre répondante, avec l’expérience qu’elle a acquise au Burkina nous a appris quelques rudiments afin de nous aider à se déplacer dans cette foule.
Tout d’abord, il ne faut jamais faire confiance à ceux qui nous entourent, à part bien sûr nos amis.
Lors d’une discussion avec un inconnu, il faut lui donner le minimum d’informations personnelles. En effet, lorsqu’une personne venait me parler, je ne pouvais jamais deviner ses intentions, savoir s’il voulait me rendre réellement un service gratuit, ou si en retour, il attendait de l’argent de moi.
Au début, dans ce grand marché, la chaleur de la ville, de la pollution urbaine, plus cette atmosphère de perpétuelle méfiance est très fatigante. Puis, petit à petit, je pris un certain plaisir à être dans cette foule, à aller au contact des marchands, me balader dans cette marmite géante grouillante de population allant et venant. L’état d’insécurité, dans lequel j’étais au début, s’est changé par la suite en une impression de défi et de plaisir d’aller affronter la foule étouffante du grand marché.
Les locaux, qui nous accompagnaient pendant ce premier jour, avaient demandé l’aide de leurs amis pour nous aider à nous déplacer dans la ville. Nous étions donc 8 Yovos entourés d’une dizaine de locaux bien habillés (genre étudiants en chemise et beau pantalon) dans les rues de Lomé. Tels des gardes du corps, ils stoppaient les voitures pour nous laisser passer, enlever les marchands ambulants un peu trop collants de notre périmètre de sécurité.
J’ai conscience que nos amis locaux ont été remarquables de patience et de gentillesse durant ce séjour car ils se sont donnés un mois à fond pour permettre que notre séjour soit le meilleur possible.
En ce qui concerne les visites suivantes dans le grand marché, nous leur avons demandé de ne pas nous accompagner, car nous voulions être totalement immergés dans la foule.
Par la suite, durant le séjour, nos responsables Yalii et Isat nous autorisèrent à nous promener en groupe de trois aînés dans Lomé.
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