P1010863L’équipe de Macon a réalisé son projet au Togo cet été. Pierre-Loup Vasseur, un des aînés de cette équipe nous livre son témoignage sur sa première journée à Lomé.

  Nous avons décidé de partir au Togo pour notre projet aîné. Nous, c’est l’équipe de Mâcon (Rhône-Alpes Auvergne), au nombre de huit en comptant nos deux responsables.
Nous sommes partis dans la région maritime au sud du Togo à 50 kms de Lomé, la capitale. Ce petit village de 3000 habitants s’appelait Badja, il était le village natal du président de l’association qui nous accueillait sur place : la MDJ (Mission des Jeunes). Grâce à elle, nous avons pu réaliser les grands axes de notre projet : la reconstruction, l’animation et la découverte d’une culture aux antipodes de la nôtre. Dans ce village, l’association locale nous fit cohabiter avec quatre locaux (Jacques, Julien, Komi et Kodjo). Nous étions quotidiennement avec eux, je ne pourrai dire à quel point leur présence nous apprirent beaucoup sur tous les domaines de la culture Togolaise. Avec eux, nous avons pu aborder tous les sujets possibles sans tabous, cela allait de l’apprentissage de la langue Ewé, à la discussion politique en passant par la religion et des débats sur Dieu.

Néanmoins, pour cet article je développerai seulement le troisième axe dans un contexte bien précis : notre journée dans la capitale, Lomé. En effet, je pense que ce fut durant cette journée que je pris conscience à quel point les relations humaines, la culture, la valeur de l’argent  sont des aspects d’un mode de vie très différent du nôtre.

 Bref, mise en abîme de cette journée : du lundi au vendredi, nous étions a Badja afin d’aider les maçons à cimenter les murs de l’école. Puis les après-midi étaient propices à la sieste ou à une balade dans le village avec les locaux qui nous accompagnaient. En effet, nous avons mis environ 1 semaine pour nous acclimater, nous habituer à la vie quotidienne Togolaise.
Durant les week-ends, nous étions libres de choisir notre programme. C’est pour cela, que dés notre premier week-end, nous décidâmes d’aller à Lomé, toujours accompagnés par nos quatre acolytes Togolais. La première étape de cette journée fût d’embarquer dans le taxi-brousse que Jacques (le responsable du chantier) avait loué. J’aimais les transports en taxi, car en effet on pouvait voir défiler rapidement toute sortes de paysages, ou encore les  multiples villages qui se succédaient sur notre route.
En parlant de la route, elle est dans un état de relatif délabrement, puisque en effet le gouvernement Togolais ne fait pas de la rénovation des routes une priorité. D’ailleurs, cette route qui est la colonne vertébrale du réseau routier Togolais équivaut à une petite départementale avec des gros nids de poules, des endroits où l’asphalte est inexistant. Cela est l’une des preuves  que le Togo est un pays sous-développé,  j’ai pris conscience que nous vivions en France dans le confort.

 P1010092D’ailleurs, à propos du taxi-brousse et des voitures en général, la plupart des automobiles sont des voitures venant de l’Allemagne où de la Suisse, qui devenues hors normes  des règles de sécurité Européennes , sont envoyés en Afrique où elles sont réparées avec les moyens du bord.
A quoi ressemble une voiture africaine réparée avec trois sous ? C’est simple, pour certaines, les phares sont hors d’usage et  les ceintures de sécurité sont inexistantes dans la plupart d’entre elles. Les vitres sont bloquées , car soit le circuit électrique est cassé, soit la manivelle a disparu. Sinon, le principal c’est-à-dire le moteur, se porte très bien, mise à part que parfois une très forte odeur d’essence se fait sentir. Autres aspects de la voiture Togolaise classique, c’est le tableau de bord du conducteur qui affiche tout le temps zéro kilomètre heure, en effet quelle utilité  de  réparer le compteur dans un pays où il n’y pas de radar, de code de la route et de limitation de vitesse ?
  Premier aspect choc de la circulation, elle est chaotique,  le code de la route ne doit être qu’une légende occidentale pour eux. Les panneaux sont inexistants, les passages piétons sont rares, et parfois, l y a un feu rouge à un carrefour. Ce joyeux bordel de klaxons, de bruits de moteur de cylindrées japonaises, et d’odeur d’essence nous font tous rêvés, nous les aînés qui apprenons à conduire selon une rigueur et une discipline imposées par notre  code de la route !
 Ici, quelle importance, je roule à contresens, je double sur la droite, je peux être à six dans un taxi cinq places (4 à l’arrière, 2 devants + le chauffeur), quand je roule, je ne débraye jamais, je fais du quarante Km/h en cinquième vitesse. Et attention, cela n’est que pour la voiture, en moto, j’éteins le moteur dans les descentes afin d’économiser de l’essence, je roule sans casque, si je n’ai pas de phares, quelle importance, le principal c’est qu’ça roule !
Là aussi, j’avais en face de moi  un aspect auquel je ne m’attendais pas. Le gouvernement Togolais avait essayé, en vain, d’obliger le port du casque, néanmoins cela fût un échec. Maintenant si j’achète une moto sur place, le casque m’est offert gratuitement.

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