Personne n’est con !!!
Par Fred | Publié le 15 juillet 2008 dans la rubrique Edito
Ou pour le dire autrement : Comprendre la logique de l’autre.
Il vous est certainement arrivé d’être dans une situation où, face à un problème, vous proposez une solution tandis qu’une autre personne propose une solution diamétralement opposée que vous estimez inadaptée, voire stupide et idiote. Peut-être même de penser que la personne qui est en face de vous est un gros con Quoique, vous n’êtes sans doute pas du style à vous laisser aller à de tels débordements. Or votre interlocuteur a certainement de bonnes raisons. Par contre, il n’est pas toujours évident de comprendre sa logique qui peut nous être étrangère. Regardons les déboires d’un jeune Français travaillant dans une ONG de développement au Mali (Afrique Noire) :
Le français n’est pas très à l’aise. Non seulement il fait très chaud, mais cette réunion dure depuis trois heures et il n’y comprend rien. L’aréopage de notables locaux, assis sur des bancs ou à même le sol discute avec véhémence du projet que son association finance depuis quelques années. Dans son esprit, faciliter l’installation et la formation des jeunes agriculteurs ne peut que recevoir leur accord, surtout qu’une seule condition est exigée pour obtenir ces subventions : avoir moins de 35 ans. Mais depuis quelques temps le projet semble piétiner, le village s’endormir, les jeunes s’interroger.
Soudain les notables s’agitent et l’un d’eux se lève : « La langue et les dents sont dans le même endroit mais parfois les dents mordent la langue ! » Les applaudissements étourdissent le Français totalement désorienté, qui, du regard cherche un secours près de son voisin : « Les jeunes et les vieux vivent ensemble ici. Si vous ne continuez à n’aider que les jeunes, il y aura des tensions et des disputes dans le village ! » [1]
Comment interpréter cette incompréhension mutuelle ? Dans une situation très précaire comme ce village africain, les moyens de subsistance sont assurés par l’ensemble de la communauté qui n’a pas le droit de se déchirer. Ces villages africains fonctionnent comme des familles élargies avec une multitude de frères et de cousins. Le français quant à lui, propose une logique individualiste d’enrichissement personnel qui va rapidement créer des dissensions dans le village, et donc que le village refuse en faisant piétiner le projet.
Un camp à l’étranger, et encore plus dans un pays non occidental, nous confronte inéluctablement à ce type de situation. Néanmoins, même si le contraste est moindre, ce type de décalage peut exister en France où on ne pensera pas forcément à faire l’effort de chercher à comprendre la logique de l’autre. Tout acte obéit pourtant à une logique qui nous est – ou non – accessible.